Dawno mówią: gdzie Bóg, tam zgoda. Orzechowski

[ Pobierz całość w formacie PDF ]

trois. "Pauvre jeune femme ! pensais-je ; qu'elles sont donc belles et riantes ces illusions dor�es dont nous
escorte la jeunesse, puisque tu les vois � tes c�t�s, dans cette triste maison d'o� l'on enl�ve chaque jour, sous
tes yeux, une fourn�e de malheureux ! "
Andr� Ch�nier (puisque son nom est demeur� ainsi fa�onn� par la voix publique, et ce qu'elle fait est
immuable) me regarda et pencha la t�te de c�t� avec piti� et attendrissement. Je compris ce geste et il vit que
je le comprenais. Entre gens qui sentent, rien de superflu comme les paroles. - Je suis certain qu'il e�t sign�
la traduction que je fis int�rieurement de ce signe :
"Pauvre petite, voulait-il dire, qui croit que je peux encore me compromettre ! "
Pour ne pas sortir brusquement de la conversation, maladresse grande devant une personne d'esprit
comme madame de Saint-Aignan, je pris le parti de rester dans les id�es trac�es, mais de les rendre g�n�rales.
"J'ai toujours pens�, dis-je � Andr� Ch�nier, que les po�tes avaient des r�v�lations de l'avenir."
XXVIII. Le r�fectoire 83
Les consultations du docteur Noir ; Stello : premi�re consultation ; Daphn� : seconde consultation du docteur Noir
D'abord son oeil brilla et sympathisa avec le mien, mais ce ne fut qu'un �clair ; il me regarda ensuite
avec d�fiance.
"Pensez-vous ce que vous dites l� ? me dit-il ; moi, je ne sais jamais si les gens du monde parlent
s�rieusement ou non : car le mal fran�ais, c'est le persiflage.
- Je ne suis point seulement un homme du monde, lui dis-je, et je parle toujours s�rieusement.
- Eh bien, reprit-il, je vous avoue na�vement que j'y crois. Il est rare que ma premi�re impression, mon
premier coup d'oeil, mon premier pressentiment, m'aient tromp�.
- Ainsi, interrompit madame de Saint-Aignan en s'effor�ant de sourire et pour tourner court
sur-le-champ, ainsi vous avez devin� que mademoiselle de Coigny se ferait mal au pied en montant sur la
chaise ? "
Je fus surpris moi-m�me de cette promptitude d'un coup d'oeil f�minin, qui percerait les murailles
quand un peu de jalousie l'anime.
Un salon avec ses rivalit�s, ses coteries, ses lectures, ses futilit�s, ses pr�tentions, ses gr�ces et ses
d�fauts, son �l�vation et ses petitesses, ses aversions et ses inclinations, s'�tait form� dans cette prison,
comme sur un marais, dont l'eau est verd�tre et croupie, se forme lentement une petite �le de fleurs que le
moindre vent submergera.
Andr� Ch�nier me sembla seul sentir cette situation qui ne frappait pas les autres d�tenus. La plus
grande partie des hommes s'accoutume � l'oubli du p�ril, et y prend position comme les habitants du V�suve
dans des cabanes de lave. Ces prisonniers s'�tourdissaient sur le sort de leurs compagnons enlev�s
successivement : peut-�tre �taient-ils rel�ch�s, peut-�tre absous par le tribunal r�volutionnaire, peut-�tre
�taient-ils mieux � la Conciergerie ; puis ils avaient pris la mort en plaisanterie par bravade d'abord, ensuite
par habitude ; puis, n'y pensant plus, s'�taient mis � songer � autre chose et � recommencer la vie, et leur vie
�l�gante, avec son langage, ses qualit�s et ses d�fauts.
"Ah ! j'esp�rais bien, dit Andr� Ch�nier avec un ton grave et prenant dans ses deux mains l'une des
mains de madame de Saint-Aignan, j'esp�rais bien que nous vous avions cach� ce cruel jeu. Je craignais qu'il
ne se prolonge�t, c'�tait l� mon inqui�tude. Et cette belle enfant...
- Enfant, si vous voulez, dit la duchesse en retirant sa main vivement ; elle a sur votre esprit plus
d'influence que vous ne le croyez vous-m�me, elle vous fait dire mille imprudences avec son �tourderie, et
elle est d'une coquetterie qui serait bien effrayante pour sa m�re si elle la voyait. Tenez, regardez-la
seulement avec tous ces hommes."
En effet, mademoiselle de Coigny passait devant nous �tourdiment, entre deux hommes � qui elle
donnait le bras, et qui riaient de ses propos ; d'autres la suivaient, ou la pr�c�daient en marchant � reculons.
Elle allait en glissant et en regardant ses pieds, s'avan�ait en cadence et comme pour se pr�parer � danser, et
dit en passant � M. de Trudaine, comme une suite de conversation :
"... Puisqu'il n'y a plus que les femmes qui sachent tuer avant de mourir, je trouve tr�s naturel que les
hommes meurent tr�s humblement, comme vous allez tous faire un de ces jours..."
Andr� Ch�nier continuait de parler ; mais comme il rougit et se mordit les l�vres, je vis qu'il avait
entendu, et que la jeune captive savait se venger s�rement d'une conversation qu'elle trouvait trop intime.
XXVIII. Le r�fectoire 84 [ Pobierz całość w formacie PDF ]

  • zanotowane.pl
  • doc.pisz.pl
  • pdf.pisz.pl
  • jungheinrich.pev.pl
  • Wątki

    Cytat


    Ibi patria, ibi bene. - tam (jest) ojczyzna, gdzie (jest) dobrze
    Dla cierpiącego fizycznie potrzebny jest lekarz, dla cierpiącego psychicznie - przyjaciel. Menander
    Jak gore, to już nie trza dmuchać. Prymus
    De nihilo nihil fit - z niczego nic nie powstaje.
    Dies diem doces - dzień uczy dzień.